A quoi pourra bien penser l'Américaine Patricia Russo, directrice générale d'Alcatel-Lucent depuis moins d'un an, lorsqu'elle entrera dans la salle du conseil d'administration, rue La Boétie, le 30 octobre, pour présenter son plan d'action? A ses maigres chances de survie à la tête d'un groupe en crise, au moment où les marchés financiers - qui ont divisé par deux le cours du titre de l'équipementier en télécoms depuis l'annonce de la fusion, en avril 2006 - applaudissent à chaque rumeur de son départ? Aux juteuses indemnités qu'elle percevra si elle est remerciée (deux années de rémunération, soit au minimum 2,4 millions d'euros), grâce à la résolution votée lors de l'assemblée générale des actionnaires en juin, sous les sifflets des syndicalistes venus en masse? A son flair, lorsqu'elle avait admis, au moment de la fusion, qu'elle n'avait aucune intention d'apprendre le français? Ou encore au soutien de façade reçu ces dernières semaines de son président, Serge Tchuruk, confirmant une fois de plus la capacité de l'industriel, qui fêtera dans quelques jours son 70e anniversaire, à écarter tous ses dauphins |