Ils avaient beau s'y attendre, le coup est dur à encaisser. Les salariés du groupe Camif ont appris, hier, lors d'un comité d'entreprise, la mauvaise nouvelle : 509 postes vont être supprimés à partir de décembre. La filiale de vente à distance, Camif Particuliers, est particulièrement touchée, avec 365 suppressions de postes (sur 785). La maison mère, Camif SA, va perdre 144 salariés (sur 200). Le groupe employait jusqu'alors un total de 1 369 personnes.
Une nouvelle qui ne surprend, à vrai dire, pas. Déjà, en juillet, les deux actionnaires de la Camif, le fonds Osiris (66 %) et Camif SA (34 %) avaient réinjecté vingt millions d'euros dans les circuits de l'entreprise pour pouvoir la restructurer. La direction du groupe reconnaît enregistrer « des pertes depuis le milieu des années 1990. » Rien que depuis le début de l'année, l'entreprise, basée à Niort (Deux-Sèvres) depuis 1947, aurait perdu « 30 millions d'euros », déplore Pierre Jullien, le président du directoire de Camif Particuliers. En 2007, à titre de comparaison, le chiffre d'affaires de Camif Particuliers était de 342 millions d'euros. Un chiffre en baisse, déjà, de 10 % par rapport à 2006.
L'entreprise explique cette descente aux enfers par la trop grande diversification de ses activités dans les années 1990. Originellement spécialisée dans l'ameublement, la Camif avait élargi ses domaines de compétences, se dirigeant vers l'informatique et l'habillement. Sans jamais réussir à concurrencer La Redoute et Les Trois Suisses. Exit, donc, les pièces rapportées : pour (sur) vivre, la Camif va se reconcentrer sur ses premières amours. Le catalogue de la Camif de septembre, aminci, propose uniquement des meubles, de la décoration, de l'électroménager et du linge de maison. Ses douze magasins généralistes devraient se transformer progressivement en enseignes d'ameublement.