En conflit depuis quatre mois avec leur direction, les syndicats de Cogesal-Miko ont finalement signé, hier, un protocole d'accord sur le plan social qui accompagnera la restructuration de l'usine, suivant ainsi l'avis du personnel.
C'est un peu précipitamment qu'a finalement sonné l'heu- re de la fin du conflit qui opposait les syndicats et la direction de l'usine Cogesal-Miko de Saint-Dizier. Hier soir les trois organisations syndicales ont signé le protocole d'accord sur le plan social qui accompagnera la réorganisation de l'usine au cours des prochains mois.
Des signatures qui font suite au dépouillement du vote du personnel (hors cadre), réalisé hier vers 13 h. Celui-ci a permis aux représentants syndicaux de saisir la réalité de l'opinion des salariés sur le protocole d'accord proposé par la direction le 1er avril. Sur les 331 votants, le résultats était sans appel : 230 se disant favorables, et 97 contre.
Les syndicats FO et CGT (majoritaires), qui s'y attendaient vraisemblement, ont donc, dans la foulée, annoncé à leur direction qu'ils s'en remettaient à la décision des votants en se déclarant prêts à signer l'accord. La CFDT en a fait de même. Pour finalement signer en fin d'après-midi.
Pour Bruno Thyse, délégué Force ouvrière,« il ne s'agit pas vraiment d'une victoire », mais il se félicite que Cogesal Miko ait « su entendre les syndicats ». « On a bien débattu, même si c'était tendu. Je suis satisfait qu'on soit arrivé au bout. »
Annulation des procédures judiciaires
La validation du protocole d'accord marque du même coup celle du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de l'usine et la fin des procédures judiciaires en cours de part et d'autre, dont une qui visait à l'annulation pure et simple du PSE.
Au final, de 254, les syndicats ont réussi à passer à 180 le nombre de suppressions de poste prévues par le groupe, dans le cadre de la réorganisation de l'usine bragarde. « Avec les départs volontaires, les temps-partagés (au nombre de 44, Ndlr) et autres, on arrive à environ 70 licenciements secs, sachant qu'il y aura des reclassements possibles dans la société Logi-froid, qui reprend une partie de l'usine, et des mutations dans le groupe. »
L'accord entre syndicats et direction, signé hier, met un terme à près de quatre mois de conflit durant lesquels les salariés de Miko ont pu mesurer le soutien de la population à leur usine, notamment lors du “carnaval” organisé en février, dont les retentissements avaient été nationaux. Ils ont pu assister à une mobilisation que peu d'autres usines en difficulté du secteur ont connu jusque-là (lire ci-dessous). Les syndicats espèrent maintenant que le site pourra survivre dans la durée.
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